jeudi 31 juillet 2008

Les soirées chez des amis « éloignés »

Quoi de plus agréable que de passer une soirée entre amis ? Raconter ses dernières aventures autour de l’apéritif, commenter l’actualité au cours du repas, rire tous ensembles en mangeant le dessert… Que c’est agréable !

Mais voilà, comme vous le savez déjà, ces petits plaisirs si simples deviennent très compliqués lorsque l’on souffre d’allergies alimentaires. La vie sociale devient alors un vrai parcours du combattant ou chacun doit faire de son mieux pour protéger l’être allergique.

Je vous conseille d’ailleurs d’aller faire un tour sur le site de Lise, qui parle aussi des problèmes sociaux engendrés par les allergies alimentaires.

Donc, comme rien ne peut-être laissé au hasard, il faut maîtriser tout de A à Z pour les repas entre amis. Facile lorsque l’on reste chez soi et que l’on accueille.
Un peu compliqué chez des amis proches, mais maîtrisable car ceux-ci connaissent vos problèmes.
Enfin, cela devient très très tendu quand il s’agit d’amis « éloignés » (amis du compagnon, amis d’amis, amis des parents, etc.). Selon la nature de la personne et les affinités que l’on a avec elle, il sera plus ou moins simple de demander un repas particuliers et de lui interdire de mettre des cacahuètes à table (je préfère interdire les cacahuètes quand je peux, car leur vue me dégoutte et suffit presque à me couper l’appétit…).

Pourtant, malgré le fait que je risque ma vie lorsque je donne ma confiance quasi aveugle à des «amis éloignés » je me sens comme je l’ai déjà dit dans de précédents billets, comme un boulet. J’ai toujours l’impression de gêner les personnes lorsque je sors et que je dois manger. Je n’aime pas du tout attirer l’attention et encore moins faire l’objet de débats au cours de la soirée. Car inévitablement, il y aura toujours un moment dans la soirée où les invités se rendront compte de ma différence - Je ferai d’ailleurs très prochainement une série de billets sur les différentes catégories de gens que l’on rencontre dans une vie d’allergique et lors des soirées (et croyez moi, il y en a tout un tas !!) –

Enfin, je crois que si je veux avoir une vie presque normale je dois passer par là…
Il ne me reste plus qu’à me faire un tee-Shirt

« Je suis allergique et j’en suis – presque- fière ! »

mardi 29 juillet 2008

Méfiez-vous du Fenugrec - 2eme partie

Je vous relatais dans mon précédent billet mon aventure palpitante après avoir ingéré des samoussas contenant du fenugrec.
Tout d'abord, une première constatation s'impose : je n'avais jamais entendu parler de cette légumineuse.
Ensuite, les allergologues auraient du, je pense, m'avertir de l'existence de cette plante et de son lien de parenté avec mon ennemi juré. Pourtant, tous les allergologues que j'ai rencontré m'ont donné des listes indiquant les allergies croisées et les aliments à éviter. Dans mon cas : lentilles et soja par exemple (j'adore les lentilles et du soja, il y en a vraiment partout donc ce n'est vraiment pas facile). Mais jamais aucun ne m'a prévenu des méfaits du fenugrec. A croire qu'aucun ne connaissait son existence.

En fait, les allergologues sont comme nous, ils ne connaissent pas tous sur les allergies alimentaires et sont parfois perdus. Et c'est bien là le problème : il m'est arrivé une fois de consulter un allergologue (celui juste après ma crise liée au fenugrec, en fait) qui m'a prise pour un cobaye. Déjà, dès le début il a paru sceptique en entendant que j'étais allergique à l'arachide. Ensuite, en voyant les résultats des analyses que je lui avais amené, il a reconsidéré mon cas et à bien voulu me faire des tests cutanés pour détecter d'éventuelles nouvelles allergies. Je m'intéressais uniquement au curry et aux autres épices, mais il a décidé de tester tout ce qui lui tombait sous la main -ou presque-. J'ai passé plus de deux heures dans son cabinet, et ai presque du le supplier de me prescrire une prise de sang pour des tests plus approfondis... Il me disait que je ne pouvais pas être allergique au fenugrec -lui non plus ne savait pas ce que c'était apparement-.

Inutile de vous dire que je ne suis plus allée chez lui depuis...
Bien sûr, le cas de cet allergologue est sans doute une exception. Mais, si un jour votre enfant fait une réaction allergique à un nouvel aliment, ne laissez pas le docteur remettre en question ses doutes quant à un produit. L'instinct humain est fort et le corps sait mieux que quiconque qui est la cause du problème. Pour mon cas, je n'avais jamais mangé de cacahuètes avant mes douze ans car d'instinct je ne les aimais pas.

mardi 22 juillet 2008

Méfiez-vous du Fenugrec - 1ere partie


Comme tout le monde, j'ai mes petits péchés mignons. Ce sont les fruits d'été, la glace parfum chocolat-menthe et la nourriture asiatique.
Mais quand on est allergique aux cacahuètes, ce n'est pas évident tous les jours. Puisque je risque ma vie en mangeant ce style de produits, je ne vais que très rarement dans les restaurants asiatiques (environ une fois par an). Pour plus de sécurité, je vais toujour
s dans le même restaurant, et afin de ne pas trop tenter le diable, je mange toujours le même plat après m'être assurée que le chef utilise toujours la même huile et que le seul plat contenant des cacahuètes est le boeuf sauce piquante...
De temps à autres, j'achète des plats asiatiques en supermarché. Mais hélas ! Ceux-ci n'ont absolument rien à voir avec les plats des restaurants...
Parfois, nous achetons aussi dans les boutiques asiatiques où de nombreux produits sont proposés et où le goût est assez proche des mets cuisinés dans les restaurants.

Bref, voilà où je veux en venir dans mon histoire du jour :

Par une belle journée de janvier, nous avons décidé de manger chinois et nous nous sommes donc rendus dans une de ces fameuses boutiques.
Après avoir méticuleusement vérifié la composition des produits, je me dis que je vais me régaler.
Arrive le déjeuner, les aliments frétillent dans la poêle. Après avoir mangé nems, beignets de crevettes et autres riz cantonnais, je me risque à goûter un samoussa... Son goût épicé ne me plait généralement pas, mais curieuse et aventurière : "Je m'lance".

A peine croqué, je n'aime pas du tout. Polie, j'avale tout de même la bouchée, ce que je n'aurai pas du faire, puisque le petit morceau m'est resté sur l'estomac tout l'après-midi.
En début de soirée, malgré des pastilles pour soulager les douleurs d'estomac, je me décide à aller régurgiter le samoussa.
Hé bien, tout de suite après cela, ma gorge a commencé à bruler et à gonfler. Je vous laisse deviner la suite : Œdème de quinck. C'est repartit. Si tout est correctement écrit sur les emballages, je fais une nouvelle allergie...
Je prends mes médicaments, mais je continue à changer de couleur, mon décolleté est rouge écarlate. Pour ne pas paniquer, je décide de ne pas me regarder dans la glace. Je me doute bien que le cou et mon visage doivent avoir la même couleur... Je sors alors de la salle de bain.
Là, mon ami me regarde, en me disant qu'on va aller aux urgences (c'est samedi, mon docteur y sera). En fait, ça tombe plutôt bien, car je commence à ne plus rien entendre et à ne plus voir non plus... Et toutes ces plaques me démangent...

Arrivée aux urgences, il n'y a personne en salle d'attente -Une chance ! Mon docteur m'accueille en me demandant c
e qui s'est passé. Je lui explique alors que nous avons mangé chinois et que le seul inconnu référencé dans les ingrédients est : "Fénugrec".
Il me répond alors que je vais avoir le droit à une piqûre dans la fesse car je fais une réaction assez grave, mais ce n'est pas douloureux... (Trois jours après j'avais un bleu et encore mal). Il me conseille aussi d'aller faire de nouveaux tests pour chercher le (nouveau) coupable.
Rentrée chez moi, fatiguée mais vivante (encore !) j'attrape le dictionnaire qui ne me dit rien, mais voici ce que dit Internet :

FENUGREC :
Cette légumineuse est classiquement consommée sous la forme de graines entières ou broyées, crues, cuites, torréfiées ou germées, de tiges crues, ...

Cela ne vous rappelle rien ??







La suite de ce récit à paraître bientôt !

vendredi 18 juillet 2008

Satisfaire les consommateurs allergiques, un sujet tabou ?


Lors de mes études en école de commerce, j'ai rédigé un mémoire sur la problématique de satisfaction des consommateurs allergiques à l'arachide en France.
Bon, je vous accorde que je ne suis pas allée chercher mon sujet bien loin. Je me suis basée sur mon propre vécu et les difficultés que je rencontre lors de mes courses.

Je me suis dit que je puisque je ne suis pas la seule dans cette situation, que de nombreux enfants connaissent ces difficultés, il y avait là, matière à travailler.

Je me suis donc lancée dans une investigation sur le thème des solutions apportées aux consommateurs allergiques dans la grande distribution. De par mon expérience, je savais déjà qu'il n'y avait pas grand chose de fait.
Hé bien, même en approfondissant, je n'ai pas trouvé grand chose..
Les solutions apportées par nos entreprises, peuvent se résumer aux mentions de précautions sur les emballages. Toutes les étiquettes comportent les mentions suivantes : "peut contenir", "traces éventuelles", "fabriqué dans un atelier qui"... Je rédigerai d'ailleurs dans quelques jours un billet sur le parcours du combattant que représentent les courses lorsque l'on fait des allergies alimentaires.

Certes, il existe certaines entreprises qui proposent des produits garantis "SANS". Mais ces produits sont introuvables dans la grande distribution, sauf dans les enseignes Monoprix qui proposent ces articles, à des prix quelque peu élevés.

Je me suis dons posé la question : pourquoi est-ce que ces produits ne sont pas commercialisés dans toutes les grandes surfaces ? Il existe une niche de consommateurs en quête de satisfaction... Une catégorie de personnes qui recherche des produits de qualité pour ne pas mettre leur vie en jeu.

Lors de mes recherches pour élaborer mon mémoire, j'ai donc contacté de nombreuses sociétés de la grande distribution. Aucune n'a répondu à mes questions. Toutes trouvent le sujet confidentiel.
A l'heure où les entreprises cherchent une manière de se diversifier pour reconquérir les clients et les fidéliser, il y a un créneau porteur, qu'aucune ne semble prête à investir...


dimanche 13 juillet 2008

Faire la bise et serrer des mains

Rituel de notre société, signe d'affection ou de respect, voire même signe d'intégration sociale, se faire la bise pour se dire bonjour, ou se serrer la main est une pratique courante.
Mais voilà, puisque lorsqu'on fait des allergies alimentaires rien n'est simple ;
faire la bise ou serrer la main à quelqu'un ne l'est pas non plus.

Selon les heures de la journée et les lieux, je suis parfois angoissée à l'idée de faire la bise à quelqu'un.
Si le matin, au travail il y a peu de risques de rencontrer des cacahuètes, le midi ou le soir, à l'heure de l'apéritif, la donne est totalement inversée.

Lorsque nous sortons et que nous allons chez des collègues de bureau, par exemple, bien qu'informés de mes allergies pour la préparation des plats, ces personnes là ne pensent pas souvent au danger représenté par les produits proposés pour l'apéritif (biscuits goût cacahuètes si ce n'est pas les cacahuètes directement, etc.). Bien souvent, ils se disent que je n'en mangerais pas donc qu'il n'y a aucun risque. Mais voilà, le risque est là.
Tout d'abord parce que les invités peuvent manger des cacahuètes puis se servir dans un autre plat... Le risque de contamination étant présent, je ne mange jamais de produits apéritifs en présence de cacahuètes sur la même table.

Ensuite, il y a un risque réel pour peu qu'on arrive après le début de la soirée ; les invités ont pu manger des cacahuètes et lorsqu'ils viennent me faire la bise, j'angoisse car je sais que je vais peut-être faire une réaction... Cependant, par peur de me faire remarquer dès le début, je ne dis rien et accepte ce rituel de présentation. La peur au ventre...

Il m'est déjà arrivé de faire des réactions suite à cela. Des plaques apparaissent et je ressemble à un hamster ! Pour ne pas être remarqué dès le début, on peut mieux faire !
D'un autre coté, je me dis que cette expérience permet aux autres de comprendre l'ampleur des allergies et que les réactions ne sont pas que des désordres intestinaux comme bien des gens le croient.

Cependant, ce n'est pas évident pour moi car je n'aime pas tellement me faire remarquer.

Etre allergique vous rend différend et vous amène toujours à vous faire remarquer à un moment ou à un autre.

Mais pour moi qui aime la discrétion, ce n'est pas tellement évident, mais comme dirait l'autre : j'assume !

mercredi 9 juillet 2008

"Si c'est mortel, elle a qu'à rester chez elle !"


Voilà ce que je me suis entendue dire en fin d'année dernière alors que j'ai tenté de manger dans un fast-food d'une galerie marchande.

Ce jour là, avec des amis, nous avions décidé de nous balader et de faire quelques boutiques.
Arrivé 13h, on a eu faim. Dans la galerie, une brasserie bondée de monde, une petite pizzéria avec peu de choix et un fast-food. Bien, nous choisissons ce dernier.
Arrivé à mon tour, je demande quelles sont les huiles utilisées dans la confection des sandwichs. La personne me répond en souriant (un peu trop bêtement à mon goût) que ce sont des huiles normales, pas "trans". Je dis que ce n'est pas là le problème, mais que faisant des allergies, j'ai besoin de savoir quelles sont les huiles exactement. Là, elle souffle (je dois la fatiguer), elle se tourne et me dis que cela doit être du tournesol ou du colza... Elle ne sait pas et me fait bien sentir qu'elle n'a pas envie de se renseigner... Là, un peu exaspérée, je lui explique que je voudrais manger ici, mais que je fais de graves allergies et qu'il est vital pour moi de connaître l'huile de cuisson des produits. Et un ami dit que cela peut être mortel si j'ingère de l'arachide...

Là, notre serveuse dévouée et comprehénsive me rétorque : "Si c'est mortel, elle a qu'à rester chez elle !".
Mon sang n'a fait qu'un tour, je ne sais plus exactement ce que j'ai dis, mais que je n'avais jamais eu de réponse si co**e de ma vie, que j'aimerai bien qu'elle dise ça à des parents d'enfants en bas âge et que sa réponse sera naturellement répétée au service consommateurs de l'enseigne.
Le pire, c'est que le manager qui m'a entendu gueuler (il n'y a pas d'autres mots) n'a pas réagi une seule seconde...

Après cette aventure, j'ai donc écrit au service consommateur de ladite chaine de restauration rapide. Quelques temps après, j'ai reçu un courrier d'excuse du responsable du restaurant indiquant qu'il allait prendre des mesures envers son personnel. J'ai également reçu un courrier du service consommateur listant tous les produits et les huiles. Le pire, c'est que l'arachide n'est pas utilisée suite à une politique du groupe justement à cause des allergies.

Grâce à cette histoire, je sais que je peux maintenant manger leurs sandwichs sans m'inquiéter.
Mais cela montre de sérieuses lacunes dans la communication des groupes quant aux politiques à mener envers les personnes allergiques.

dimanche 6 juillet 2008

Dire que l'on est allergique... Un pas vers la compréhension sociale


Les allergies alimentaires sont un facteur d'exclusion sociale. En effet, bien que cela ne paraisse pas si dramatique aux yeux des autres personnes qui n'ont pas une bonne connaissance des allergies, l'allergique (ou sa famille) savent à quoi s'en tenir.

Les sorties au restaurant se font plus rares. Pour ma part, il y a toujours une part d'angoisse quand je vais au restaurant. Va t'on me comprendre ? Et surtout, est-ce que le serveur et les cuisiniers vont comprendre la gravité de la situation ?
Quand on dit que l'on est allergique, cela fait généralement sourire... Puis vient toujours la question : "ah bon, et ça te fait quoi ?". Alors, j'annonce la couleur, j'explique qu'une cacahuète de la taille d'un grain de sel peut me tuer. Que s'il y a des cacahuètes dans la pièce, je vais les sentir obligatoirement, me mettre à pleurer et à avoir des difficultés à respirer. Que si quelqu'un me fait la bise après en avoir mangé (surtout les messieurs barbus) il y a de fortes chances que des plaques apparaissent...
(Voir le billet "Faire la bise et serrer des mains")


Les gens comprennent alors le problème et veillent souvent à écarter les dangers. Ils ne pensent pas à tout, mais déjà à beaucoup de chose. Et cela fait plaisir. Même si parfois on a l'impression d'être un "boulet" qui donne du travail en plus (surtout en cuisine, quand on prépare des plats spécifiques lors de diner entre amis).

Mais l'allergie, malgré la compréhension de tous, mène tout de même à l'exclusion.
Pour exemple, lorsque je faisais mes études. A la faculté, je mangeais généralement seule. Je m'apportais "ma gamelle" alors que les autres allaient au resto U. Pas facile de créer des liens et de se faire des amis dans ces cas là. Surtout en début d'année. Mais, comme je l'indique dans le titre de ce billet, parler amène l'entourage à comprendre. A "démystifier" le comportement de l'allergique. Bien du monde pense que si on agit comme ça c'est parce qu'on ne veut pas se mélanger, qu'on ne veut pas se faire des amis. Or, lorsqu'on indique les problèmes auxquels nous sommes confrontés, les personnes deviennent plus sympathiques.
C'est là qu'on voit tout de suite sur qui on pourra compter plus tard. Ceux qui font l'effort de s'adapter à la personne allergique, en choisissant ses restaurants, en amenant aussi des plats préparés pour ne pas l'exclure, dès le début, on sait qu'une amitié peut naître...


A défaut de partager de nombreux repas et de nombreuses fêtes, être allergique permet de savoir qui vous porte de l'attention, qui seront de véritables amis...